lundi 9 juin 2014

Culture maraîchère à Paris (2)

Au XIXe siècle, deux Jardiniers-maraichers écrivent un guide de cet art à Paris. Cette profession dans la capitale est alors considérée comme l'élite des maraichers avec une technicité très pointue. Vous trouverez ci-dessous un nouvel extrait, qui quantifie cette activité traditionnelle parisienne qui ne s'est perdue totalement que dans les années 1970.

Notre ouvrage étant particulièrement destiné à nos enfants, aux jeunes jardiniers-maraichers, nous devons leur donner la signification des mots qui ne s'apprennent pas dans notre pratique, et le mot statistique est de ce nombre. Ainsi, nous leur disons que le mot statistique signifie l'étendue d'un pays, d'un endroit, son climat, ses divers produits, son commerce, sa population florissante ou souffrante, sa richesse, l'argent qu'elle dépense et celui qu'elle gagne, etc. C'est donc en faisant l'énumération de ces différents rapports que nous allons donner une idée de la statistique de la classe des jardiniers-maraichers, exerçant leur profession actuellement dans la nouvelle enceinte de Paris.
1°  […]l'ensemble des terrains employés à la culture maraichère, […],est maintenant de 1378 hectares.
2° Ces terrains sont divisés en 1800 marais ou jardins, […] le plus grand nombre des jardins maraichers contiennent 3/4 d'hectares […].
[…]nous pouvons dire, avec assez de certitude, 
que, pour cultiver un jardin de 1 hectare, où l'on fait des primeurs et de la pleine terre, il faut, en tout temps, un personnel de cinq ou six personnes. […]Il y a 9000 personnes employées à la culture maraîchère dans la nouvelle enceinte de Paris.[…]
5° Ce qui prouve que les jardiniers-maraichers ont suivi le progrès du bien être qui s'est développé dans les classes travaillantes, c'est qu'ils occupent beaucoup plus de chevaux qu'autrefois[…].
[…]tous les jours quelques maraichers s'éloignent du centre de la capitale, parceque de nouvelles bâtisses, de nouvelles fabriques, de nouveaux magasins se forment continuellement, s'emparent des terrains et les rendent d'un prix supérieur à celui que peut y mettre le cultivateur[…];quelquefois encore il est obligé de s'éloigner pour cause d'utilité publique. […]
Les terrains compris entre le boulevard et le mur d'octroi valaient, il y a une vingtaine d'années (ndr : approx 1830), de 20 à 22000 fr. l'hectare; aujourd'hui ces terrains n'ont plus de prix. Sur les bords du canal Saint-Martin, et autres endroits où le commerce s'est porté, l'hectare se vend 80 ou 100000 fr.[…]
11° S'il ne nous est pas possible, par plusieurs raisons, de donner le chiffre de la dépense de la culture maraichère dans Paris, nous pouvons donner très approximativement le chiffre de ses recettes.  […]nous pouvons affirmer que l'ensemble des recettes de la vente des légumes des maraichers dans la nouvelle enceinte de Paris s'élève au chiffre d'environ 13 500 000 francs par an.

J.G. Moreau et J.J. Daverne, 1854

A suivre... 

mardi 3 juin 2014

Culture maraîchère de Paris

Au XIXe siècle, deux Jardiniers-maraichers écrivent un guide de cet art à Paris. Vous trouverez ci-dessous un extrait, introduction à l'histoire du maraichage Parisien... dont il reste encore quelques témoins.

Il est généralement connu que, toutes les fois qu'on a reculé l'enceinte de Paris, les jardiniers maraîchers ont été obligés de se reculer aussi pour faire place de nouvelles bâtisses, et que ce déplacement leur était toujours onéreux, en ce qu'ils quittaient un terrain amélioré de longue main pour aller s'établir sur un nouveau sol, souvent rebelle à leur culture, et qui ne pouvait être amélioré qu'avec le temps et de grandes dépenses. Plusieurs d'entre nous se rappellent que, vers la fin du siècle dernier, lorsqu'on a reporté le mur d'enceinte ou sont aujourd'hui les barrières de l'octroi, beaucoup de maraichers sont allés s'établir au-delà des nouvelles barrières, parce que le prix des terrains circonscrits à de suite considérablement augmenté. Plus tard, lors de l'établissement du canal Saint-Martin, un assez grand nombre de maraîchers furent encore obligés d'aller s'établir plus loin pour laisser la place aux nouvelles constructions. Jusqu'en 1780, on voyait des jardins maraîchers le long du boulevard, depuis la porte de Saint-Antoine, aujourd'hui place de la colonne de Juillet, jusque près de la Madeleine ; depuis longtemps on n'y en voit plus aucun. Le trentième quartier de Paris s'appelait alors le Pont-aux-Choux, tant les marais étaient nombreux. Enfin, jusqu'à la révolution de 89, les jardiniers-maraîchers ont conservé l'usage d'appeler leur jardin marais ; mais depuis lors la plupart disent leur jardin, parce qu'en effet ces jardins ne ressemblent plus aux marais dans lesquels les premiers maraichers s'était établis, d'où le nom de maraîchers que leurs successeurs portent toujours.
J.G. Moreau et J.J. Daverne, 1854

lundi 26 mai 2014

Un état des lieux francilien

L'interview du directeur de la SAFER (Société d'Amenagement Foncier et d'Etablissement Rural), organisme de l'état ayant pour mission la mise en place de la politique foncière en agriculture.

jeudi 22 mai 2014

Persévérance

Pour arriver à mener ce projet à bien, il faut être plus que convaincu et persévérer pour surmonter un monde souvent hostiles aux nouveaux venus.
Le touchant témoignage d'Anaïs qui produit ses tisanes avec succès.

samedi 17 mai 2014

Une étape dans l'installation

Voilà plus d'un an et demi que j'ai entamé mon projet de devenir paysan et bientôt un an que ce blog existe.
Je n'ai pourtant que peu parlé du chemin parcouru dans cette aventure!
De formations en rencontres j'apprends à construire mon projet, je découvre le travail des maraichers franciliens, je me confronte aux difficultés de trouver un lieu où s'installer.
Cette période, à la fois longue et trop brève, car c'est un projet de longue haleine que je veux solide et durable, est indispensable à la pratique du métier, à la confrontation des mille méthodes, à la construction de mon projet. J'ai visité quelques "opportunités foncières" bien difficiles à concrétiser et à chaque fois, pour des raisons différentes.
Trouver de la terre n'est pas trouver l'appart parisien de ses rêves. On se confronte à un nouveau monde, étanche, où l'attachement immobilier est viscéral, où les règles et coutumes sont différentes.
Je continue à chercher, à visiter, je suis confiant. Je m'exerce chez différents maraichers, parfois bien plus proches que vous ne pourriez le penser. Je consolide mes compétences avec diverses formations indispensables.
Le projet prends forme et j'ai hâte qu'il entre dans sa phase de concrétisation.


samedi 10 mai 2014

Les villes écrasent l'agriculture (et la nature) qui les a construite

Ce sont les meilleures terres qui ont fait les plus grandes villes.
Mais la ville se développe en détruisant sa terre nourricière.

Elles sont alors contraintes de régler leur approvisionnement par l'importation : ce qui les rend dépendantes et fragiles.
La ville durable doit créer l'écosystème qui lui permet de se nourrir.

Et maintenant PARIS
 

Allez voir en ce dimanche pluvieux : NYC la révolution verte